Ma Tiny Painting Residency
Bilan de trois jours de résidence peinture à la maison
Je suis sur le point de poster ce petit papier, et je me demande si ça ne va pas t’emmerder que je te parle de mes non-exploits de peinture pendant 2700+ mots, que ça n’a aucun lien avec les trucs que je cherche à faire sur le web, et est-ce que les gens ne vont pas lire ça comme si je leur demandais de regarder mon travail comme si c’était des chefs-d’œuvre... Et puis merde en fait. C’est vraiment le but des Petits Papiers, mettre en ligne des trucs qui ne servent pas forcément à grand chose. Mais je veux te prévenir, avant que tu penses y trouver des jolies peintures et des leçons applicables directement à ta vie. Ceci est plus une archive personnelle qu’autre chose.
Quand mes parents partent en vacances, il faut quelqu’un pour, au minimum, garder les (5) chiens, gérer la chambre d’hôtes et faire la popote le midi pour mon frère Émile, et Lucas, qui travaille à la ferme.
Ce quelqu’un, c’est moi.
Je dis ça comme ça, mais je ne plains pas trop fort hein. J’adore notamment passer du temps avec mes chiens. C’est juste que c’est quand même pas mal de boulot, en plus du mien qui voyage dans mon ordinateur avec moi. Et que ça me demande de mettre en pause ma routine habituelle. J’en reviens toujours crevée.
Cette fois-ci, ça tombait vraiment mal.
Je voulais mettre à jour ma formation gratuite MailerLite, faire un test Amazon KDP pour trouver une solution à mon problème de publication sur Organons, ET je m’étais trouvé une toute nouvelle passion pour la peinture (passion géniale mais qui voyage mal).
Partir, même pour 5 jours, c’était mettre tout ça en pause pendant une semaine (temps de récupération inclu).
Alors, je l’avoue, un peu honteusement, j’étais plutôt heureuse quand, la veille du départ, Maman m’a annoncé que les vacances étaient annulées. Glorieusement happy même, parce que j’avais déjà organisé ma semaine pour faire en sorte de ne pas perdre de temps : mes notes sur la formation gratuite étaient déjà faites, le contenu du test Amazon sélectionné et presque prêt, et mes projets clients à jour.
J’avais donc pas mal de temps libre devant moi.
Si je te raconte tout ça, c’est parce que c’est dans ce contexte que j’ai reçu un email de Olivia Rafferty ( Olivia Rafferty ✨ ), une substackeuse-chanteuse dont je suis particulièrement fan. Un email, où elle partage une ressource Notion : le Tiny Project Picker, qu’elle présente comme :
Think of it like a tiny artist residency! (Vois-le comme une mini résidence d’artiste).
Une tiny artist residency ??
Un max de temps libre sur les 3 prochains jours ??
Ma nouvelle obsession peinture ??
Mon cerveau a fait boum.
Un échange : tout le temps que j’aurais passé à faire autre chose à la ferme, je peux le passer à peindre.
C’était parti. Et je vais te raconter comment ça s’est passé, parce que c’était 3 jours SUPERS, et que ça m’a amené à réfléchir sur le thème de la constance.
Ce que j’ai produit pendant ces trois jours
Ça va parler peinture très amateure dans cette partie, je te préviens.
J’avais déjà ce qu’il fallait : peintures de mauvaise qualité dans des quantités d’amateur-amasseur, toiles pas chères qui prenaient la poussière derrière la porte de ma chambre, et des tonnes de papiers et de pinceaux qui n’attendaient que ça.
J’avais aussi déjà, il faut le dire, eu une période d’expérimentation couleur.
C’est d’ailleurs plutôt la couleur qui m’attire dans la peinture. Les trucs abstraits avec des coups de pinceau partout, surtout du vert et un peu de rouge. Des trucs intenses, mais sans sens particulier. Et des paysages semi-abstraits. Je suis fan.
Tu peux aller voir mon tableau Pinterest d’art. pour te faire une idée.
C’était donc ma contraite un peu vague pour cette tiny painting residency : faire des trucs cool avec les couleurs. Des trucs sans trop de structure, et si ça peut faire imaginer quelques paysages, tant mieux.
Je ne savais pas trop à quel point j’aimerai me resteindre sur ces quelques jours, et comme c’est encore très nouveau de peindre pour moi, je ne voulais surtout pas impacter mon plaisir de peindre.
Donc je me suis sélectionné quelques inspiration, et hop, c’était partie pour la première journée.
Journée 1 : où je fais des erreurs
J’ai commencé par faire des erreurs. Bah oui, faut bien.
Déjà, première, j’ai démarré sur papier, alors que j’avais surtout très envie de peindre sur une grande toile. J’aurai du m’écouter. Mais bon, il semble que le peintre à un problème que l’écrivain n’a pas : des provisions limitées. J’avais peur de gâcher mes toiles pas chères. Alors que, bon, c’est pas la première fois. Je sais qu’on peut toujours repeindre un truc par dessus.
Donc, j’ai démarré sur papier. Et le mauvais papier encore en plus. Donc j’ai eu des soucis de papier qui se déforme, et un petit trou. Bref, bref. Cette erreur là n’est plus à faire.
Deuxième erreur, j’ai été très impatiente. Je voulais avoir quelque chose de fini à la fin de la journée. Je ne me suis pas laissé le temps de prendre des décisions, j’avais trop envie d’avoir un pinceau dans les mains et d’AVANCER.
Et troisième erreur, qui impacte ce Petit Papier plus que la peinture elle-même, j’ai surtout oublié de prendre des photos au fur et à mesure de la progression...
Ceci est le résultat de ces erreurs.
Parce que je n’étais pas satisfaite de ma première base de couleur, j’ai tout de suite cherché à solutionner avec d’autres technique. J’ai sorti mes pastels, et mes crayons de couleur. Et j’ai tenté de structurer.
J’avais déjà oublié que le but que je m’étais fixé, c’était de ne pas contrôler le truc...
Du coup, c’est le bordel, notamment devant. MAIS, je suis plutôt fan des sortes de nuages à l’arrière plan et même si c’est pas assez net pour être chouette, les formes noires un peu rectangulaires sont cools. Et à la fin de la résidence, je l’ai quand même encadré, et il vient amplifier le côté Lascaux de mon couloir trop sombre.
Pour ce qui est du reste la journée, j’ai repris un peu mes esprits, et j’ai appliqué une première couche sur une toile (une petite quand même). J’avais en tête de faire un motif un peu floral. Sans trop de succès. Pas assez vibrante, je savais déjà que j’allais faire un autre truc dessus.
Deuxième couche, les gribouillis rouges par dessus. Pareil, vraiment, je cherchais ce que je voulais faire de ça.
Du coup, j’ai décidé de persévérer avec du papier (une qualité plus adaptée cette fois), et de carrément assumer le côté paysage. J’avais une inspiration précise en tête. Je voulais que ce soit des formes très abstraites mais qui forment un tout. La première version que j’ai terminée en fin de soirée, me paraissait pas trop mal au début, de loin. J’étais contente de moi sur la correspondance des couleurs par rapport au modèle. Et puis en la regardant à nouveau, je me suis rendue très vite compte que c’était encore trop... boueux. Surtout sur le haut et le bas, ce qui devait correspondre au ciel et à l’étendue d’eau. Trop d’eau, un côté presque aquarelles mélangées.
Bon, un travail pour demain donc.
Journée 2 : où je trouve des solutions et j’expérimente sur mon nouveau tapis
Je commençais donc la deuxième journée avec une peinture à solutionner. Je savais même par quel bout le prendre : adoucir le haut et le bas avec une bonne couche d’un blanc un peu neutre.
Et tout de suite, j’étais beaucoup plus fière de moi.
Surtout en ajoutant, après avoir regardé le modèle de plus près, les reflets dans l’eau.
Ça m’a donné l’occasion de redéfinir un peu plus proprement les formes de ce qui correspond à la berge, et à la cime des arbres. Et le jaune/vert de la végétation ressort plus proprement aussi.
Bref, on est loin de mon idée de départ des formes expressives de couleur. Mais bon. Je me suis défendue de reprendre mes pastels et mes crayons de couleur ici. On va garder cette résidence sur la peinture acrylique.
Deuxième peinture au programme : ma petite toile.
Mon objectif : n’utiliser que les verts que j’aime. Sans me rendre compte que si c’est juste le vert foncé, ça va pas être fou comme résultat. Mais je prends ça comme une autre couche de peinture. Et je vois dans les formes des trucs pas trop mal qui se dégagent. Un peu de bleu ici, et je me pousse pas trop. Les textures de peinture sèche en dessus et ça donne un côté hyper agréable à toucher.
J’avais l’intention de continuer à travailler sur celui ci, mais j’ai aussi fais de la place pour une technique vue au passage sur Pinterest, et que je voulais tester : le pouring.
Le pouring, ça consiste à faire tomber de la peinture liquide sur une toile, et de laisser la gravité et la pesanteur faire le boulot de créer des formes chouettes.
Ça tombe bien, je viens d’acheter un nouveau tapis pour mon bureau !! Et je n’ai absoluement pas le bon medium pour liquéfier la peinture, donc je prends de l’eau, et je me fais un espace très système D avec un très grand carton que je garde au cas où depuis des mois, et l’ancien tapis en plus par dessous, on ne sait jamais.
(j’ai bien fait, et même ça, je suis pas passée loin d’avoir des tâches violettes sur mon nouveau tapis)
Et en parlant de violet : je choisis un jaune, parce que jusqu’ici je trouvais ça pas mal dans mes peinture, et un violet, couleur que je n’aime pas trop mais bon, on tente !
Et du blanc.
Et c’est un désastre lol Je ne mélange pas assez le blanc, mon violet est trop foncé, et ça ressemble à une photo agrandie de cellule cancérigène (au mieux).
Et comme ça prends toute la place, et que ça met des PLOMBES à sécher (forcément hein), bah je me dis que j’ai assez fait de conneries pour la journée.
Troisième et dernière journée : où je fais des trucs bien et des trucs moins bien
C’est court 3 jours en fait. Mais dimanche, je suis de sortie et je veux arrêter avant que ça devienne un truc ‘à faire’, plutôt qu’un truc ‘que je veux faire’.
Je commence la dernière journée comme celle d’avant, avec ma petite toile. Et cette fois ci, je ne me limite pas dans les verts, et je sors un truc... que je déteste pas. Et en plus je prends des photos.
En les regardant à nouveau, je regrette la dernière couche. La première version de la journée était beaucoup plus intéressante. Mais à chaud, je le sentais un peu.... nu.
C’est là que j’aurais aussi aimé que la peinture que j’utilise soit de meilleure qualité. Parce que le rendu est trop mat. Il manquait un peu de brillant pour faire ressortir le relief des coups de pinceau.
Je note aussi tout de suite que la dernière version perd le bleu foncé que j’aimais beaucoup dans la version moins travaillée. Et j’ai aussi recouvert tout le fond pensant structurer un peu l’ensemble, mais non. Il était très bien ce fond.
Bref. Encore la même leçon ici : laisse toi le temps de vivre un peu avec ce que tu viens de faire, avant de vouloir tout modifier.
J’avais mixé beaucoup de peinture pour celui-ci, donc je décide d’accrocher un nouveau morceau de papier et d’utiliser ma palette pour faire un fond, à réutiliser plus tard. Meilleure décision de toute cette résidence, parce que je sors un truc dont je suis instantanément FAN.
À chaque fois que je le prends en photo, il change de couleur. Mais tu te souviens de mes objectifs de début de résidence ?
faire des trucs cool avec les couleurs. Des trucs sans trop de structure, et si ça peut faire imaginer quelques paysages, tant mieux.
Eh bah voilà. C’est ma production préférée de tout cette aventure. Aussi la plus simple, la plus rapide, la plus ‘facile’, la moins prévue, la plus improvisée. Et j’adore. Tout le long de mes notes pendant la résidence, je me disais que ce que je produisais ‘essayait trop d’être quelque chose’. Bah là je suis servie.
C’est pas un chef-d’oeuvre, qu’on s’entende bien, mais c’était pas le but. Je me suis éclatée dessus, les coups de pinceau en témoigne. J’y vois la lumière à travers les arbres, un bout de ciel bleu un peu orageux, et les fourrées bien mouillés d’un bosquet.
Bref.
Gros gros contraste avec ce que j’ai essayé de faire de mon expérience de pouring ratée.
J’ai d’abord cherché à trouver des formes intéressantes, avec encore un autre violet (non décidément, j’aime pas cette couleur). Puis mes yeux ont voulu voir la tête d’une fille. Et mes compétences on dit : non.
Donc, j’ai cherché à en faire une planète.
Et j’abandonne lol
Cette toile deviendra probablement autre chose, plus tard. Avec de jolies textures et une couche de peinture TRÈS épaisse lol
Et elle vient clôturer ces trois jours de tiny residency.
Ce que j’ai appris sur la peinture pendant ces trois jours (et une réflexion plus globale)
la peinture de mauvaise qualité est très cheap oui, mais ça affecte forcément le rendu et la transparence
commence par ce que tu as envie de commencer, pas de compromis sur le fun
tu peux toujours recommencer par-dessus
j’aime les pinceaux très abîmés et ceux avec un manche très long
prends plus de recul
prends en photo les étapes
prends ton temps pour regarder les photos des étapes avant de retoucher encore une fois
j’aime vraiment pas le violet
le vert, c’est trop cool
prendre des notes visuelles sur Freeform, c’est assez chouette
les couches ajoutent des textures fun
attention au papier
j’ai encore beaucoup à apprendre et à expérimenter sur les couleurs
j’ai envie d’en savoir plus sur la composition
Mais surtout ce que je retiens c’est l’expérience : dédier du temps comme ça à une production, un truc vraiment spécial, avec un nom (tiny painting residency), c’est vraiment pas pareil que de peindre pour le plaisir de temps en temps.
J’ai pris beaucoup de plaisir, et je crois que le fait qu’il y ait une FIN à cette période aide beaucoup.
Quand on est créateur (notamment sur le web), on parle beaucoup de constance (consistency en anglais). On dit que c’est le secret de la maîtrise, et du succès. Et je l’ai entendu pendant longtemps comme une injonction à la production régulière sur le très long terme (ex : pour devenir bon au piano, il faut s’entrainer pendant des années, tous les jours). Je crois encore bcp à cette idée : le volume étant un de mes chevaux de bataille préféré. Mais je crois qu’il y a quelque chose d’intéressant à creuser dans le format de la saison.
Une période de temps beaucoup plus courte pendant laquelle on se dédie à quelque chose, mais qui a une fin. Une saison de podcast, une série sur un thème spécifique, une semaine de vidéos quotidiennes, etc.
Si on accepte de sacrifier un petit peu de maîtrise au profit du fun pendant un temps, je crois que nos vies créatives seraient un petit peu plus intéressantes. Et surtout qu’elles seraient plus riches.
ah, je vois aussi une connexion avec un sujet important pour moi en ce moment : l’honneur de la prise de risque. on en reparlera.
Bref, cette tiny painting residency me fait réfléchir aux façons dont je pourrais implémenter ce genre de petites pratiques de temps en temps dans mon activité sur le web, mes activités créatives régulières et les autres endroits de ma vie.
Et toi ? Ça te parle cette idée, ou pas du tout ?
Bienvenue dans Les Petits Papiers, mon espace le plus personnel sur internet.
Ici, je publie des morceaux d’idées, des réflexions qui me traversent, des bouts de projets créatifs, des essais et des notes de lecture. C’est un endroit où je peux écrire sans contrainte, partager des pensées qui n’ont pas forcément leur place ailleurs.
Si ça te parle, installe-toi, lis, réponds si tu en as envie. C’est un espace pour ceux qui aiment creuser les idées, observer les processus créatifs, et peut-être se reconnaître un peu dans mes propres interrogations.


















Merci beaucoup pour ces belles aventures picturales vraiment truculentes. En tout cas, j'ai bien aimé cette narration sur 3 jours. Tout un programme ! Hâte de suivre vos tribulations colorées