Une histoire de contrôle
Encore des notes sur mon combat contre l’alimentation émotionnelle

Je travaille toujours mon rapport à la bouffe. Rapport toujours profondément compliqué, où les progrès sont gagnés à force de petites réflexions quotidiennes comme celles-ci.
J’allais ajouter une seconde cuillère de parmesan sur mes Bloody Pasta. Parce que la journée avait été dure, parce que j’avais bien fait les choses ces derniers jours, et puis parce que ‘merde’…
Mais je me suis rappelé ce que j’écrivais le 19 juillet dernier :
Ce qui satisfait dans un craquage, c’est la pensée “je vais craquer”, pas le craquage en lui-même. Parce que la bouffe n’est pas satisfaisante en elle-même (chose que j’ai réalisé depuis plusieurs années déjà). Si ce n’était que ça, trouver du plaisir dans une autre forme de bouffe (ou d’habitude) serait facile. C’est le soulagement, c’est de ne pas avoir à ‘combattre la pulsion’.
Et j’ai reposé la cuillère.
En y réfléchissant un peu plus, le craquage, c’est plutôt un plaisir à multiples facettes. Mais c’est sûr, une de ces facettes, peut-être la plus importante, c’est le relâchement. Le moment où on désactive la pensée consciente, où on se débarrasse de la pression du contrôle.
Je crois que j’ai mis le doigt sur un truc important : le contrôle des besoins.
Parce qu’en retraçant le schéma, ça devient même un fil conducteur :
Se mettre en tête qu’il faut absolument CONTRÔLER ses besoins
Ne plus les écouter
Ne plus même en être consciente
En venir à se détacher de son propre corps
Ne plus savoir prendre soin de lui
‘Lâcher prise’ de manière inconsciente
Et je nous vois, mon corps et moi, comme résultat. Deux entités séparées qui ne se connaissent pas. La façon dont on se cogne partout, notre maladresse. Notre incapacité à suivre des pas de dance. Et ma frustration en ce corps qui continue de sortir des normes.
Mon cerveau qui crie : Pourquoi toi, mon corps, tu ne peux pas arrêter de m’emmerder ? Mais qui n’entend pas ce que mon corps lui crie en retour.
Si guérison il peut y avoir, je le comprends de plus en plus profondément, elle doit forcément passer d’abord par une reconnexion au corps. Par le remariage de ces deux entités (tu l’auras lu, je suis encore le cerveau, rarement le corps).
Et après : par un abandon de ce sentiment de contrôle nécessaire.
Il y a de la honte quelque part là-dessous. Mais je n’en suis pas encore là. Pour l’instant, je reconnecte mes deux parties doucement, par le mouvement, par la respiration, par le soin, par l’écoute.
C’est ça qui fait reposer la cuillère.
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