Bilan de 5 ans de second cerveau
De la cocaïne pure pour les profils polymathes, curieux et qui créent sur internet en général.

Il y a environ 5 ans, j'ai découvert le concept de "second cerveau".
De la cocaïne pure pour les profils polymathes, curieux et qui créent sur internet en général : avoir un espace personnel où retrouver toutes nos connaissances, ne plus oublier tout ce qu'on lit… Rah la la, le rêve.
Je me suis donc imaginée créer quelque chose qui supporte totalement ma pensée, qui fasse de moi un être exceptionnellement intelligent, productif, perspicace, quelqu'un d'intéressant qui a toujours quelque chose à dire.
J’exagère à peine. Au fond, c'est bien cette envie de grandeur intellectuelle qui nous conduit vraiment à considérer créer un second cerveau.
Je suis passée par plusieurs systèmes. Aujourd'hui, j'ai un système stable depuis presque un an et demi, je peux donc faire ce bilan : 5 conclusions pour 5 ans de second cerveau !
1. J'ai abandonné très vite les Zettelkasten et autres systèmes complexes
Si tu mets le nez dans le concept de second cerveau, tu tombes vite sur du Zettelkasten, SlipBox, le système PARA de Tiago Forte... Ces systèmes plutôt stricts qui te disent quoi faire et où mettre l'information, avec des tags et des liens entre toutes les notes.
Déjà, ça fait plaisir qu’on te dise quoi faire quand tu es perdu, mais en plus, c’est vrai que c’est BEAU tout ça.
Le système Zettelkasten de Niklas Luhmann, par exemple, ces petits tiroirs avec des cartes soigneusement organisées, ça fait plaisir à voir. On se dit que forcément, il y a du travail profond et intelligent derrière tout ça. #esthétique #darkacademia
Le problème : ces systèmes sont d'une complexité monstrueuse. Et moi qui cherche à simplifier, à extraire l'essence des choses, je me retrouvais paralysée par des questions comme "Quel tag mettre ? Est-ce que je range ça dans la créativité ou le marketing ?"
Et puis, on tombe vite dans le piège de la "pratique visible" : “si on a physiquement cette chose esthétique, alors on est intelligent”. Bah non. Pas forcément. Si c’est remplie de petites cartes qui ne disent rien d’intéressant, tu as juste des tiroirs remplis de petites cartes en fait.
Je passais plus de temps à organiser qu'à penser.
Et puis, honnêtement, ça me faisait chier, clairement, de faire ces notes synthétiques, de notes de lecture pour faire des notes sommaires. Je n'avais pas envie de m'y mettre.
Bref, il a fallu penser…
2. J'ai décidé de ce que je voulais en faire
Il a fallu que je me pose la vraie question derrière tout ça : qu'est-ce que je veux avoir sous la main pour m'aider à penser mieux ?
Parce que c’est l’objectif : mieux penser.
Et moi, j'étais partie sur des questionnements de catégorisation de la connaissance qui ne me venaient pas naturellement. Je me suis rendu compte que le truc créatif, c'est justement de ne PAS catégoriser pour pouvoir mettre en lien des choses qui ne sont pas dans la même thématique.
Je me retrouvais aussi à collectionner tout et n’importe quoi, SUR tout et n’importe quoi : des statistiques, des anecdotes, des idées, des dates…. Mon second cerveau était devenu un espèce d’internet, où j’entassais des infos qui ne n’intéressaient pas réellement.
J’avais perdu de vue mon Pourquoi.
Après réflexion, ma réponse à la question ‘quoi mettre dans mon second cerveau’ est devenu claire : des principes et des concepts que je trouve intéressants et utiles, liés entre eux pour former une vision globale de ‘la vie’.
Ça fait pompeux comme définition, mais c'est là que mon système est devenu stable.
J’ai arrêté d’essayer de prendre des notes de lecture strictes, de faire des sommaires de machin, ou de différencier les anecdotes des statistiques. Et je suis revenue à ma curiosité et à mes intérêts PURS, pour répondre à des problèmes que j’avais personnellement.
3. J'ai arrêté de croire que mon premier cerveau avait besoin d'aide
Parce que c'est vrai qu'il y a plein de choses qui passent au travers de nous et qu'on oublie forcément. Et dans notre tête, on se dit que si seulement on pouvait retenir tout ça… si seulement notre cerveau était plus performant… On serait forcément meilleur.
Le terme "second cerveau" est trompeur. Il nous fait croire qu'il faut combler les limites du premier, ne rien oublier, être toujours parfaitement logique.
Sauf que : oublier n'est pas un défaut, c'est même une fonction carrément utile.
On oublie ce qui n'est pas intéressant, ce qui ne nous touche pas, ce qu'on trouve chiant. Et c'est parfait comme ça ! Ces choses ne devraient pas influencer notre vision de vie si elles ne nous touchent pas un minimum.
C'est vital sur le plan physique (faire le tri dans les connaissances) mais aussi pour développer une pensée.
En plus, je suis convaincue que la créativité vient du chaos, pas d'un système parfaitement organisé. Un système parfait n'a plus besoin d'être changé, il n’a besoin de rien d’autre. Donc il tue la créativité.
Et puis, c’est quand même vicieux d’en arriver à penser : "mon cerveau n’est pas assez bon pour travailler tout seul".
4. J'ai arrêté de prendre ça comme un travail
Je m'étais mis en tête qu'il fallait que mon système soit en développement permanent. Y travailler tous les jours, y ajouter des idées quotidiennement, optimiser, perfectionner.
Résultat : ça me fatiguait et ça pompait tout mon jus créatif. Je synthétisais dans un système fermé au lieu de créer du contenu, des formations, du partage.
Toute l’idée d’un second cerveau, c'est d'aider à penser, pas de créer un système qui reflète parfaitement ce qu’on pense déjà.
Du coup, y travailler tous les jours... c’est pas utile.
Maintenant, parfois je mets le nez dans mon second cerveau pendant un mois, parfois pas du tout. Quand mes idées viennent toutes seules, pourquoi chercher une béquille ?
Mon second cerveau n'est pas à jour. Il y a des principes que je suis qui n'y sont pas, et des principes auxquels je ne pense plus qui y sont encore. Et c’est SUPER. C'est un outil que j'utilise quand j'en ai besoin, au même titre qu’un logiciel de mindmap ou une IA spécialisée.
5. J'ai automatisé et simplifié au maximum
Les systèmes simples qui soutiennent l'activité sans la remplacer sont les seuls qui fonctionnent. Ils ne doivent pas devenir le travail en soi, ni une source de procrastination intelligente.
Mon système ridiculement simple :
**Readwise et Reader** : tous mes contenus (PDF, articles, vidéos YouTube, newsletters) au même endroit (j’y suis affiliée).
Je lis et je surligne ce qui m'intéresse
Tout est automatisé : mes highlights vont automatiquement dans Notion ET Obsidian
Readwise m'envoie 5-6 citations par jour pour me rappeler certaines idées
Je synthétise quelques principes et concepts dans Obsidian quand j’ai envie, le temps et le besoin.
La base de mon système : lire et surligner des trucs que je veux garder. C'est tout. La seule "folie" que j'ai faite, c'est d'avoir appris à utiliser Obsidian pour le graphique.
Obsidian n'est pas simple comme Notes d'Apple, il y a des raccourcis à comprendre. Mais ça valait le coup pour sa fonctionnalité de graphes.
De temps en temps, j'ouvre Obsidian pour synthétiser ma pensée en principes et concepts, les lier entre eux, voir le graphe pour m'aider à réfléchir et écrire.
C'est un système d'inspiration plus que de synthétisation de connaissances.
Au final : un second cerveau ne peut soutenir que ce qui te fascine
C’est le piège ultime de n’importe quel système : en finir par travailler sur le système, pour le système, plutôt que pour ce que le système promet.
Ce qu’un second cerveau promet est important :
une vision personnelle forte,
pouvoir penser plus loin,
faire des connexions intéressantes
devenir quelqu'un de curieux qui sait suivre sa curiosité pour en créer quelque chose d'intéressant.
Et si tu veux aller plus loin dans cette démarche de développer une vision personnelle unique (parce que c'est exactement de ça qu'il s'agit), mon Programme Vision est en promo cette semaine.
Bienvenue dans Les Petits Papiers, mon espace le plus personnel sur internet.
Ici, je publie des morceaux d’idées, des réflexions qui me traversent, des bouts de projets créatifs, des essais et des notes de lecture. C’est un endroit où je peux écrire sans contrainte, partager des pensées qui n’ont pas forcément leur place ailleurs.
Si ça te parle, installe-toi, lis, réponds si tu en as envie. C’est un espace pour ceux qui aiment creuser les idées, observer les processus créatifs, et peut-être se reconnaître un peu dans mes propres interrogations.



Dans ce que tu as écrit, j'ai retenu le point numéro 5, "simplifier". Je considère tous les autres points ancrés dans ma mémoire et qui vont m'aider à construire mon expérience.
Je n'aime pas trop relire les notes que j'aurais pu prendre.
Car, en présence de personnes ou de situations variées, il faut réagir en simplifiant. Et pour moi, le bon c'est celui qui simplifie et le méchant c'est celui qui complique.
C’est drôle. Je cherchais à l’instant un espace pour ce fameux second cerveau. Ton article est hyper pertinent.